Limiter son impact du numérique sur l’environnement

Réseaux sociaux, jeux en ligne, streaming, recherches en ligne, cloud… Le numérique fait partie intégrante de nos vies quotidiennes. Pourtant, derrière ces technologies se cache un impact écologique souvent méconnu. Faisons le point sur les conséquences environnementales de notre consommation numérique et les bons réflexes pour les minimiser.

Le numérique, ça pollue ?

Le numérique représente entre 3 et 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Cela peut sembler faible comparé à d’autres secteurs comme l’énergie, les transports ou l’agriculture, mais cette part ne cesse de croître. Selon un rapport de l’Arcep et de l’Arcom* publié en 2023, l’empreinte carbone du numérique pourrait augmenter de 50% d’ici 2030 et tripler d’ici 2050 si nous continuons à consommer au même rythme.

*Arcep : Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse / *Arcom : Autorité de la communication audiovisuelle et numérique

Quels sont les principales sources de pollution numérique ?

Une principale cause de cette pollution vient de la fabrication de nos équipements numériques (ordinateurs, smartphones, tablettes). À elle seule, elle représente 80% de l’empreinte carbone du secteur. Par exemple, un smartphone contient plus de 40 métaux rares extraits des quatre coins du monde. L’extraction et le raffinage de ces minerais consomment beaucoup d’énergie fossile et d’eau et rejettent des produits toxiques dans la nature.

La production de déchets électroniques est un autre problème majeur. Chaque année, nous générons près de 53 millions de tonnes de déchets électroniques dans le monde, et ce volume augmente cinq fois plus vite que les capacités de recyclage. La majorité de ces déchets ne sont pas correctement traités, aggravant ainsi la pollution des sols et des eaux.

L’usage de nos équipements pollue également mais dans une moindre mesure. La problématique se situe surtout dans la consommation énergétique liée aux centres de données nécessaires pour les faire fonctionner. Ces centres, appelés aussi data centers, abritent les serveurs qui stockent nos données (photos, vidéos, e-mails) et les applications que nous utilisons au quotidien. Leur alimentation en électricité, souvent issue d’énergies fossiles, et leur refroidissement demandent des quantités colossales d’énergie et d’eau.

Sans oublier que les impacts vont au delà des émissions de gaz à effet de serre : rejets toxiques, exploitation humaine…..

Impact carbone des usages numériques, issu du site web impactco2.fr de l’Ademe (Agence de la transition écologique)

Pollution numérique et Intelligence Artificielle (IA)

L’IA, une technologie énergivore

L’intelligence artificielle (IA) est une autre facette du numérique qui suscite de plus en plus d’attention. Vous avez peut-être entendu dire que poser une question à un modèle comme ChatGPT consomme jusqu’à 10 fois plus d’électricité qu’une recherche sur Google. Cela s’explique par la complexité des algorithmes d’IA, notamment pendant leur phase d’entraînement.

L’entraînement du modèle GPT-3, par exemple, a nécessité autant d’électricité que 130 foyers américains sur une année entière. Non seulement les modèles d’IA sont gourmands en électricité, mais ils consomment aussi indirectement beaucoup d’eau. L’augmentation de la puissance de calcul de l’IA nécessite des data centers de plus en plus imposants, et de plus en plus d’eau pour les refroidir.

L’IA à la rescousse de la planète ?

Malgré son empreinte écologique inquiétante, l’IA peut être aussi être mise au service de l’écologie. C’est tout le paradoxe des innovations technologiques ! L’intelligence artificielle permet notamment à certains climatologues d’analyser les données climatiques pour mieux comprendre l’évolution du réchauffement et anticiper les événements extrêmes. Elle est aussi utilisée dans des projets innovants en lien avec la sauvegarde des abeilles (ruches connectées) ou la rénovation énergétique des bâtiments publics.

Les bons réflexes pour limiter la pollution numérique

Réparer et garder son matériel le plus longtemps possible

Le meilleur moyen de limiter l’impact environnemental du numérique est de prolonger la durée de vie de ses équipements. Réparer un appareil plutôt que de le remplacer réduit considérablement la production de déchets et l’exploitation de nouvelles ressources, et c’est souvent bon pour votre porte monnaie !

Pour vous aider, il existe notamment des repair café. Ce sont des ateliers de réparation collaboratifs menés par des bénévoles. Ils sont souvent organisés dans des Fablabs, lieux dédiés à la fabrication numérique (avec du matériel mis à disposition : imprimante 3D, découpe laser, etc.).

Pour trouver un atelier près de chez vous, vous pouvez consulter les cartographies du Réseau Français des Fablabs ou d’Hinaura.

À noter également : le droit à la réparation a été voté au Parlement Européen, permettant aux consommateurs de prolonger la garantie de leurs appareils après réparation et de bénéficier d’informations sur la réparabilité d’un appareil par les fabricants.

Enfin, si votre matériel ne peut vraiment plus être réparé, pensez évidemment à bien le recycler en le déposant dans un point de collecte adapté.

Louer, emprunter, mutualiser

Evitez d’acheter un produit que vous n’utiliserez que rarement, comme un vidéoprojecteur, un casque VR ou une sono. Préférez la location ou l’emprunt. Des plateformes comme AlloVoisins, Kiwiiz, ou Nobuy facilitent ce type de mutualisation. De plus, certaines bibliothèques offrent des services de prêt de matériel électronique.

Acheter reconditionné

Reconditionné, ça veut dire quoi ? Un produit reconditionné a déjà servi, mais a été remis en état par un professionnel afin d’être revendu. Acheter reconditionné permet de donner une seconde vie aux appareils, tout en réduisant les déchets électroniques et l’impact lié à la fabrication de nouveaux équipements.

Il existe de nombreuses plateformes de vente de matériel reconditionné. En France, l’association Envie propose des produits reconditionnés dans de nombreuses villes. Le prix des appareils varie selon l’état général du produit (état correct, très bon état, parfait état) et les produits sont garantis (1 an en général). Voir notre article dédié

Sur les appareils électroniques présents dans les foyers, un quart ne sont pas utilisés et dorment dans des tiroirs. Ces appareils pourraient être reconditionnés ou recyclés, au lieu de finir en déchetterie.

Faire le ménage dans ses données

Applis, photos, vidéos… notre entassons de plus en plus de données sur nos appareils et dans le cloud, sans forcément nous poser la question de leur utilité. Or, cette folie des données a des conséquences bien réelles. D’abord, les espaces de stockage sur nos appareils sont saturés et cela réduit leur espérance de vie… Ensuite, il faut de plus en plus de data centers (donc plus + d’énergie et + d’eau) pour stocker les données.

Quelques conseils pour faire le tri :
  • Sur le smartphone et la tablette : supprimer les applications inutilisées, faire le tri dans les conversations, les photos et les vidéos. Pour trier vos photos en vous amusant, il existe une appli (Swipewipe) où on “swipe” comme sur Tinder !
  • Sur les réseaux sociaux : supprimer les anciennes publications, bloquer la lecture automatique des vidéos, faire le tri dans les messages et les groupes
  • Dans le cloud : supprimer les documents inutilisés, trier les photos et vidéos
  • Sur la boite mail : se désabonner des newsletters qu’on ne consulte jamais, nettoyer les emails envoyés, archivés ou supprimés

Utiliser les outils numériques de manière plus raisonnée

Il existe encore une multitude de petits gestes au quotidien qui vous permettront d’avoir un usage écoresponsable du numérique :

Débranchez vos appareils en veille : débrancher son chargeur une fois la batterie pleine ou éteindre totalement son ordinateur la nuit peut avoir un impact non négligeable sur votre consommation d’énergie !

Adoptez des moteurs de recherche écoresponsables : certains moteurs de recherche, comme Ecosia, s’engagent à utiliser les revenus publicitaires générés pour financer des actions environnementales, comme la plantation d’arbres.

Réduisez votre consommation de streaming vidéo : c’est l’une des activités les plus énergivores sur le web. Favorisez le téléchargement ou la lecture en basse résolution lorsque la haute qualité n’est pas indispensable.

Limitez l’envoi d’e-mails inutiles : chaque e-mail envoyé consomme de l’énergie, surtout s’il contient des pièces jointes lourdes. Privilégiez des messages courts, avec des fichiers compressés. Un mail avec une pièce jointe de 1 Mo produit environ 19 grammes de CO₂.

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